Martin Cahen "Il faut changer nos modes de faire"

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Martin Cahen, Bellebouffe.com

Peux-tu nous présenter Bellebouffe.com ?

Bellebouffe.com est une association de loi 1901 crée il y a un an qui agit sur la région lyonnaise et un peu autour. On a pour vocation de mettre en place un système alimentaire plus écologique et solidaire en faisant la promotion du zéro déchet et en luttant contre le gaspillage alimentaire. 

Les circuits courts font partie des thématiques que tu développes. C'était quoi avant le confinement la situation des circuits courts ?

Il y a quelques années en 2012, 21 % des exploitations commercialisaient en vente directe ou bien en circuit court. Du côtés des consommateurs on voit aussi pas mal de choses apparaître. Il y a aussi de plus en plus de marchés de producteurs.

Comment se caractérise ce circuit court ? 

Cela se caractérise sous la forme de marchés de producteurs, aujourd'hui on en compte entre 600 et 1200, on a 1500 AMAP pour soutenir l'agriculture paysanne soit acheter à juste prix des produits de consommation comme des légumes, des fruits, du fromage etc, qu’on achète directement au producteur. Les AMAP fonctionnent sur abonnement de 6 mois à un an et on reçoit un panier producteur qui arrive toutes les semaines. On va avoir aussi ce qu'on appelle des ruches et qui proposent des épiceries éphémères dans les quartiers. Et on a des magasins de producteurs qui fonctionnent en coopérative et qui vendent les produits des producteurs.

En quoi c'est bon les circuits courts ?

Socialement c'est bon parce qu'on maintient une relation directe avec le producteur et grâce à ce lien, on va en savoir plus sur ce qu'on consomme. Un circuit court c’est aussi moins de transport, moins de transformation, pas de passage par une grande distribution donc potentiellement moins d’émissions de gaz à effet de serre.

Qu’est-ce qui empêche aujourd'hui le développement des circuits courts ?

Il y a plein d'obstacles. Celui par exemple, de l'envie de l'homme de changer. Aujourd’hui on voit de plus en plus ce qu'on appelle des MIN (marché d'intérêt national) sur le territoire. Ce sont des marchés de gros où toute la bouffe de la France arrive, qui est ensuite distribuée entre les épiciers des supermarchés. Les MIN se sont privatisés comme à Lyon, ce qui fait que les collectivités n’ont plus d’influence et ne peuvent pas favoriser les circuits courts pour ce MIN. 

Mais n’y a-t il pas un manque d’organisation des filières de circuits courts par rapport à leurs concurrents directs ?

C’est vrai que c’est tellement pratique d’aller en grande surface ou de commander un livre sur Amazon, mais éthiquement, est-ce que c’est bon ? On est donc aujourd’hui sur un “changer ses modes de faire”. Aujourd'hui avec le confinement on a le temps. Le temps d’aller chercher des produits sans transformation qui ont un bien meilleur goût. Et en plus aujourd’hui l’agriculteur vient à vous en ville grâce à la mise en place de système de distribution de paniers locaux pendant la crise sanitaire. Il faut que les acteurs publics accompagnent le changement de comportement.

Est-ce les générations futures sont non seulement sensibles mais surtout éduqués à cette réalité, par exemple à l’école ?

Beaucoup de programmes électoraux revendiquent 50 % de produits locaux et 100 % de bio dans les cantines scolaires. La question est ensuite de savoir comment on fait ce local et ce bio. Car du local avec des produits phytosanitaires dans le sol n'est pas du bon local et du bio qui est fait de manière manière intensive n’est pas vraiment sain pour l’environnement. 



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